Telltale n’en finit plus d’adapter des licences populaires en jeux d’aventure. Après Back to the Future et Jurassic Park, c’est au tour de The Walking Dead de finir entre leurs mains. Harley Kim et moi-même étant deux lecteurs du comic-book de Robert Kirkman (je n’ai vu, en ce qui me concerne, aucun épisode de la série TV), nous étions tout particulièrement intéressés par cette adaptation. En croisant les doigts pour ne pas revivre l’amère déception de Back to the Future…
Le point de vue du joueur (Fen-X)
Romero et Juliette
Telltale fait le choix de nous faire incarner un nouveau personnage, absent du comic-book, Lee Everett. Cet ancien professeur d’Histoire est arrêté pour le meurtre d’un sénateur qui aurait couché avec sa femme. Alors qu’il quittait Atlanta à l’arrière d’une voiture de police, celle-ci percute un zombie. Seul survivant de l’accident, il se retrouvera à fuir une horde naissante de morts-vivants. Sa route croisera alors celle d’une petite fille, Clementine, dont il assurera la protection dans ce nouvel environnement hostile.
Bien que les personnages principaux soient nouveaux, les lieux sont connus des lecteurs de la bande dessinée, et c’est sans trop de surprise que l’on croisera donc de temps en temps quelques visages familiers. Une façon assez subtile de lier cette histoire et celle de Robert Kirkman, sans pour autant s’abolir des libertés que Telltale désire pour son scénario. Nous sommes ici dans une adaptation de l’univers de Walking Dead, qui ne concerne pas le groupe de survivants que nous connaissons déjà. Le jeu se montre ainsi accessible aux néophytes de la série.
Heavy Rain
Si Telltale désire ainsi conserver ses libertés scénaristiques, c’est surtout en raison du genre adopté pour cette adaptation. A la manière des deux dernières productions de Quantic Dream, Fahrenheit et Heavy Rain, The Walking Dead plonge le joueur dans un jeu d’aventure où il progresse en fonction de ses choix, à grands coups de QTE (un conseil, jouez sur console, ou au moins à la manette). Peu d’énigmes ici, rien qui ne vous laissera sur le carreau, à tourner en rond pendant des heures, mais des choix qui auront une incidence dans le déroulement de l’aventure.
Certains choix ont un impact évident, lorsqu’il s’agit par exemple de sauver une personne plutôt qu’une autre, mais il en va aussi de même pour les discussions que vous pourrez avoir avec les différents personnages du jeu, qui se souviendront de ce que vous leur avez dit, et pourront tout à fait vous mettre en défaut si votre discours n’est pas cohérent.
XIII
Bien qu’il soit coloré, contrairement au comic-book, cette adaptation adopte une direction artistique proche du dessin. Le cell-shading est de mise, avec des textures que l’on pourrait penser issues du crayon d’un dessinateur de bandes dessinées. Si le jeu ne brille pas par sa technique, l’aspect graphique est néanmoins réussi, l’immersion est là, avec la touche « comics » qui va bien.
Sur le plan audio, là encore, c’est du bon boulot. L’ambiance sonore générale est plutôt réussie, et les différents doublages sont de bonne facture. Attention néanmoins aux anglophobes, le jeu n’étant disponible qu’en anglais. Les joueurs PC pourront toujours se rabattre sur la traduction des lecteurs de Canard PC.
Previously, on The Walking Dead

Remplacez les zombies par des témoins de Jéhovah, et vous obtenez une scène de la vie de tous les jours.
Une nouvelle fois, Telltale adopte le format épisodique qui lui semble si cher. Ce premier épisode, intitulé « A New Day », n’est donc qu’un avant-goût de l’aventure, s’étalant au total sur 5 épisodes. S’il est très vite parcouru, environ deux petites heures de mémoire, le concept de choix/conséquence offre au jeu une bonne rejouabilité, multipliant ainsi sa durée de vie.
Bien sûr, avec un seul épisode disponible, on ne mesure pas encore bien les conséquences de ses actes, mais nul doute qu’après avoir terminé le dernier épisode, on sera tenté par tout recommencer. Car oui, avec la bonne surprise qu’a été ce premier épisode, nous comptons bien nous procurer la suite. Le deuxième épisode ne devrait d’ailleurs plus tarder à montrer le bout de son nez, bien qu’il n’y ait aucune date officielle (à ma connaissance), les rumeurs vont bon train pour une sortie de l’épisode 2 fin mai, au rythme d’une sortie mensuelle jusqu’à l’épisode 5.
Le point de vue du spectateur (Harley Kim)
Certaines personnes ignorent ce plaisir simple de suivre simplement un jeu sans toucher à la manette, d’autre s’en délectent. Quel plaisir de rester vissée dans son siège, un verre dans la main gauche, une barre de chocolat dans la droite… Sans avoir d’autre souci que s’attacher aux personnages et crier « attention ! » quand les ennemis arrivent.
En somme, le joueur-spectateur est mon rôle préféré dans le monde du gaming. Mais tous les jeux ne se prêtent pas à cet exercice. Il est important quand vous êtes un joueur qui a un public (votre amoureux(se), votre pote non gamer, votre chat…) de lui proposer un bon scénario et de bons personnages, comme un film.
En ce qui concerne ce jeu, rien que la démo m’a donné envie. Le bout d’histoire qui nous fut présenté s’ancrait directement en moi et c’est sous mon insistance que Fen-X acheta immédiatement l’épisode (il souhaitait attendre le lendemain).
Avec plaisir j’ai retrouvé le monde familier du comic et de la série. L’histoire du jeu, se situe avant l’histoire du comic, juste au moment de la déclaration de l’infection zombie. Même si on ne joue pas on ne s’ennuie pas. On aide son coéquipier à résoudre les quelques énigmes. Et ça aide parfois d’être deux pour déterminer quelle est la personne qu’il faut sauver en priorité face aux zombies. Sans avoir la manette entre les mains, vous ressentirez tout de même l’inquiétude du personnage d’être dévoré vivant. Et vous n’hésiterez pas à hurler pour que le joueur sauve votre peau plus efficacement. En somme si celui à la manette est Lee, le spectateur est Clementine. Il subit les évènements de manière aussi intense mais sans pouvoir réellement agir.
Le côté dessin des personnages et le scénario très prenant vous donne donc l’impression en tant que non joueur de regarder une bonne série animée. Une série qui s’annonce même meilleure que la série télévisée, beaucoup plus proche de l’esprit original du comics.



