DC Universe Online

En bons fans de l’univers de la chauve-souris, nous n’avons pas résisté à l’envie de tester le MMORPG sur l’univers DC, à savoir DC Universe Online, lors de son passage en free-to-play. Le rire du Joker est-il plus agréable lorsqu’il est gratuit ?

I need a Hero

DC Universe Online

Lt Tiny et Sgt Big en charmante compagnie.

La première chose que l’on attend d’un MMORPG avec des types qui portent des slips au dessus d’une paire de collants, c’est une personnalisation d’avatar digne de ce nom. A ce niveau, DC Universe Online remplit le minimum syndical. Pas de quoi avoir honte, mais pas de quoi offrir des heures de tuning de sourcil aux joueurs. Ici, la plastique du personnage se limitera à un choix de carrure, de chevelure et de peau. Impossible donc de peaufiner le visage selon son bon vouloir. Quant au costume, le point le plus important, les choix sont assez limités. On choisit 3 couleurs (voire un emblème), puis différents éléments pour équiper son personnage, parmi un choix assez réduit. Certes, cela suffit à éviter le clonage (si on ne compte pas tous ceux qui cherchent à ressembler à Iron Man ou autres), mais on aurait pu en attendre un peu plus de la part d’un MMORPG où les avatars ne changent à priori pas de look (bien qu’il soit possible à tout moment de retoucher son costume).

On termine la création de son personnage par un choix de posture, une branche de super-pouvoirs (feu, glace, nature, gadgets, etc.), un type d’arme à maîtriser (fusil, mains nues, masse à deux mains, bâton, etc.), un mode de déplacement (acrobaties, super vitesse, vol), un mentor (Batman, Joker, Superman, Luthor, Wonderwoman, Circé), et il ne reste plus qu’à lui trouver un petit nom avant de se jeter dans l’univers des comics DC.

Quand on arrive en ville

DC Universe Online

Jésus passerait pour un petit rigolo.

Notre amour pour les personnages un brin psychotiques nous a poussés à rejoindre le camp des super-vilains. C’est au son de la voix de Luthor que nous démarrons le tutorial du jeu. Sous forme d’instance scénarisée, celui-ci nous prend en main pour nous inculquer les contrôles de base ainsi que les éléments les plus importants de l’interface. Le jeu s’inspirant pas mal du genre beat’em up, c’est assez simple à prendre en main. Le clic gauche pour les attaques de mélée, le clic droit pour les attaques à distance, une touche pour intéragir avec le décor, une barre de compétences, et c’est parti. On cogne, on exécute les quelques petites combos de base, on ramasse des bidons explosifs que l’on balance sur les ennemis, bref, on est là pour distribuer des super-baffes et non pour faire dans la super-diplomatie.

Le didacticiel terminé, nous nous retrouvons dans le repère de notre mentor, le Joker, un bar malfamé de Gotham. Le Joker nous donne nos premières missions, que nous pouvons donc effectuer à deux. Nous formons un duo de super-militaires, avec la petite capricieuse et explosive Lieutenant Tiny (incarnée par Harley Kim), et le gros protecteur pas très fin Sergeant Big (c’est-à-dire moi). C’est ainsi que nous parcourons les rues de Gotham en suivant nos quêtes, qui ont toutes un point commun : il s’agit d’aller tabasser des hordes d’ennemis.

Et tu tapes, tapes, tapes

DC Online Universe

Des combos sympa mais trop rares.

La variété n’est pas le maître mot dans DC Universe Online, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout le contenu du jeu ou presque est bâti sur le même schéma : on se rend dans une zone pour aller cogner des gens, on y ramasse quelques objets indispensables au bon déroulement de la suite, puis on finit dans une instance scénarisée où on affrontera un super-gentil en guise de dessert.

Si le gameplay, très orienté action, rend la chose un peu plus agréable, la lassitude s’installe malgré tout assez vite. Les combos sont limitées, le jeu en équipe est extrêmement réduit, et cela manque souvent cruellement de mise en scène. On a donc l’impression de toujours faire la même chose, encore et encore, sans avoir d’objectif sur le long terme.

La difficulté n’aide pas non plus à apprécier le jeu, très facile. Les ennemis plient rapidement et en nombre sous le poids de nos attaques, sans offrir de réel challenge. Et s’il peut y avoir quelques mauvaises surprises, comme un repop un peu trop rapide et violent ou l’apparition d’un boss surprise, la mort n’impose aucune pénalité, on réapparaît un peu plus loin, et il n’y a qu’à sauter d’immeuble en immeuble pour retrouver sa zone de quête en quelques secondes.

I walk alone

DC Universe Online

Lt Tiny envoie la balle, et Sgt Big frappe !

Cette difficulté légère apporte cependant un avantage : le jeu est solotable. Nous nous sommes arrêtés au niveau 15 (sur 30) et n’avons jamais eu besoin de rejoindre un groupe. Les instances et les quêtes se font très bien en duo, ce qui est un aspect positif dans un jeu où l’aspect communautaire ne semble clairement pas être un de ses atouts. Nous n’avons guère eu d’interactions avec d’autres joueurs (sur serveur PvE), chacun semble jouer dans son coin sans se préoccuper des autres. Il n’y a pas de demande de groupe, pas de discussion, rien de tout ça.

Cela donne une impression de monde un peu mort, ce qui contraste avec le fait que l’on croise pourtant pas mal de joueurs au coin des rues ou dans les quartiers généraux. Il n’y a pas non plus une foule incroyable, il nous est très rarement arrivés de devoir batailler pour avoir notre compte de casquettes de flic ou d’ailes de chauve-souris. Les villes (Gotham et Metropolis) sont suffisamment vastes pour permettre à chacun d’évoluer tranquillement.

Beauty and the Beast

DC Universe Online

Un pain de glace, au sens figuré.

Si les décors sont vastes, on ne peut hélas pas dire qu’ils soient très réussis. La modélisation des décors est très pauvre, affichant de des grandes structures totalement dénuées de détails. La modélisation des personnages est tout juste correcte, aidée par l’utilisation de l’Unreal Engine 3, mais desservie par l’utilisation de textures parfois crades et là aussi un gros manque de détails. Les animations sont correctes, sans plus, l’absence de physique n’aidant pas franchement les coups à donner une impression de puissance. On a parfois une sensation de flottement dans les coups qui n’est pas des plus agréables.

Au niveau audio, ce n’est guère mieux. Si les doublages (anglais en tout cas) font honneur à la licence, on ne peut pas franchement dire que l’on baigne dans une ambiance sonore très immersive. Ca manque de punch, de présence, et là encore, de détails sonores. Dommage.

Hero of the day

DC Universe Online

Rien que pour tabasser Supergirl, ça en valait la peine.

Il y a néanmoins une chose à retenir de DC Universe Online, c’est son modèle économique. Si la version gratuite est, en toute logique, limitée, elle ne place pas les joueurs en position de faiblesse, privés d’accès à du matos Boum-t’es-mort ou équivalent. Bien sûr, ils ne pourront pas utiliser les quelques outils communautaires, qu’il s’agisse des guildes ou du commerce entre joueurs. Ils n’auront pas non plus accès à certains scénarios ajoutés de temps en temps au travers des DLCs, qu’il s’agisse de ceux dédiés à Green Lantern ou encore à Flash. Mais ils auront malgré tout joué au même jeu que tout le monde, avec seulement un contenu moins riche.

Celui qui aura accroché au jeu, sans non plus en faire son MMORPG régulier, pourra se diriger vers l’achat des DLCs à l’unité. Ces packs, qui comportent de nouvelles quêtes, instances scénarisées, mais aussi de nouvelles branches de super-pouvoirs, permettent d’enrichir le jeu de façon occasionnelle. De plus, un premier achat de DLC ouvre un accès (limité) aux échanges entre joueurs et aux guildes.

Enfin, il reste la possibilité aux plus réguliers de souscrire à un abonnement, afin de bénéficier de tous les DLCs à leur sortie, ainsi qu’à toutes les fonctionnalités du jeu.

Nothing left to say but goodbye

Sa prise en main immédiate, son gameplay résolument orienté action et sa licence DC Comics donnent à DC Universe Online un certain charme, mais il laisse très vite place à la lassitude. Si le jeu nous aura amusé quelques heures en free-to-play, il est clair qu’il ne justifierait pas un autre modèle économique. Il faut cependant souligner que ce modèle économique a été adopté de façon intelligente, c’est-à-dire en proposant du véritable contenu à l’achat et non simplement un avantage en puissance, ce qui aurait pourtant été facile dans un MMORPG avec des super-héros. Rien que pour cet aspect, le jeu mérite le second souffle qu’il peut connaître, car il devrait être source d’inspiration pour d’autres free-to-play en devenir. Des jeux peut-être plus convaincants, cette fois.

Un commentaire sur “DC Universe Online

  1. Je l’ai testé rapidement, j’ai trouvé ça clairement mou, malgré le plaisir qu’on peut avoir à créer un super héros/vilain. Au final je me suis retrouvé comme sur CoH ou Champions Online : tu t’éclates à créer ton perso, tu déconnectes au bout de 5 quêtes de bash.

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